Le 14 décembre 2018, “Les 7 péchés capitaux” soirée des écrivants de l’atelier d’écriture

LES 7 PÉCHÉS CAPITAUX

L’atelier a pris voix le 14 décembre 2018, à la Place des Arts à Narbonne

Atelier d’écriture du 30 octobre 2018 – LES 7 PÉCHÉS CAPITAUX –

  1. A- Définition – le mot capital provient du latin « caput », tête, par comparaison à cette partie du corps qui en dirige l’ensemble.

  2. Principe : des 7 péchés capitaux déroulent les autres péchés, ainsi le mot « capital » n’est jamais en rapport avec la gravité de la faute. Par ex. le blasphème et le meurtre en sont exclus.

  3. Ces 7 péchés sont :

avarice – colère – envie – gourmandise – luxure – orgueil – paresse –

Consignes et contraintes d’écriture – Tirage au sort, chaque écrivant traitera d’un seul péché capital… À partir de cela :

. Dans un premier temps, recherche de proverbes et dictons s’y rapportant.

. Ensuite nous en inventons si besoin.

. Et enfin nous allons associer à chaque péché capital :

  • un synonyme

  • un contraire

  • une saison

  • une couleur

  • une fleur

  • un sentiment

  • une chanson (ou autre élément d’art)

Travail de recherche et de ton. Que voulons-nous faire passer ? Ce péché qui nous échoit par tirage au sort, le prenons-nous au sérieux ? Au contraire nous fait-il sourire ? Nous inspire-t-il de l’indulgence ? Jouer avec les éléments donnés ci-dessus, les incorporer à votre guise afin d’obtenir un texte intéressant dont la lecture aura lieu devant les membres de l’Association.

Par Ghislaine : LA PARESSE

Ma devise : doucement, tout doucement.

Cette nonchalance me sied à merveille. Je me prélasse dans un fauteuil d’osier, coussin moelleux au bas des reins et je regarde les feuilles d’or tourbillonner dans le vent.

Cette activité de la chute d’une feuille est démente, elle quitte brutalement son attache et hop, spirales folles, volutes à pics vertigineux….. elle tombe.

Rien que de la regarder, j’en suis toute étourdie.

Dans le ciel j’imagine les oiseaux tenant dans leur bec de longs rubans multicolores,traçant un quadrillage de l’azur,flèches grisées par la vitesse,vision de

battements affolés ,qui m’affolent.

Je suis née dolente ,sans pleurs ni cris. Enfant tout me passionnait, mettant dans mon panier une multitude de couleurs, de fleurs de poésies

Pas de révolte à l’adolescence je m’accepte sans état d’âme. Lorsque je danse,

c’est dans le slow que je me révèle. Je suis fascinée par le buto un corps comme une chrysalide se transforme en mouvements imperceptibles un travail inouï,une maîtrise de la lenteur . Ne pas croire que je suis fainéante,quantité de projets me passionnent;ils pétaradent,s’essoufflent,se dispersent s’évaporent en nuées diaphanes. Je me trouve piégée par ce vagabondage et seules quelques miettes aboutissent à une réalisation concrète, le tumulte l’agitation me laissent indifférente.

Je m’éloigne et une douce langueur me saisit

Je suis nomade de ma vie

Défilent en moi des idées farfelues:courir en montagne ,apprendre à piloter ,élever des lamas aller à l’atelier d’écriture avoir quelques amants …….bof !!!!!

Mon vieux fauteuil s’est creusé je le remplacerai par un rocking -chair .

Ce soir une tortue me fait un clin d’oeil,une sauterelle me nargue, un loi m’observe.

Une tiédeur automnale me caresse

les yeux mi clos

je flemmarde

je glande

je chantonne : le travail c’est la santé ,rien faire c’est la conserver…..

sourire aux lèvres je m’assoupis ………

Par Sylviane – LA COLÈRE

« Eh bien, quel homme ! Ni avare, ni envieux, ni luxurieux, ni orgueilleux, ni paresseux… ni colérique ; et comme cet homme m’est… capital, voire précieux !! » Voilà ce que je disais de lui aux prémices de l’amour. Amour qui, au fil du temps, d’ire en courroux, a peaufiné ma vie de femme zen…

Premier emportement pour une place de parking très convoitée, en train de lui passer sous le nez. S’en est suivi une logorrhée d’insultes, poing brandi. L’homme, devenu volcan, venait de perdre son H majuscule.

Interloquée, j’ai tourné les talons. Qu’il digère seul son énorme colère ! Essayant de me rattraper, en sueur, le teint violacé, il a juré qu’il ne recommencerait jamais. Jamais plus ? Vaine promesse, car un colérique reste un colérique. Comme un feu d’été qui couve toujours, une fleur de pavot écarlate. À chaque accès de colère, il voyait rouge. Rouge de chez rouge, jusqu’au bout des cheveux.

Moi, toujours zen, j’aurais dû le prendre en photo lors de ses crises. Crises violentes où ce faux calme pétait les plombs. Pour rien. Parce que les choses ne se passaient pas comme il le souhaitait. Parce qu’on lui résistait.

Grosse désillusion car « si la colère se passe en lisant l’alphabet », les instants de rémission m’amenaient à réfléchir. Arriverais-je à l’apaiser interrogeait la sagesse ?Comment vivre et faite de projets avec un homme de cet acabit ? Je n’avais nulle envie de mettre au monde une flopée de petits irascibles.

Les furies de cet homme, j’aurais pu les chanter sur tous les tons. Beau spécimen de tsunami, c’était l’enfer de Dante, la guerre civile de Goya. Il chantait «  ne me quitte pas » et je me fermais pour ne pas faiblir. Car par ailleurs tout aurait pu aller si bien…

Puis il a disparu. Un soir de fiesta, en mangeant des frites, en pleine rue. Après avoir tabassé un lourdaud un peu éméché qui l’avait bousculé. Une mortelle frite lui est restée coincée dans la gorge.

Moi ? Eh bien très zen, comme toujours !

Par Danièle – L‘ENVIE /JALOUSIE – 

En cette fin d’été Violaine et Yasuko bavardaient au balcon, drapées dans de beaux châles soyeux, contemplant le clair de lune sur le lac.

Violaine était dans une grande colère car son amoureux la délaissait depuis quelques soirs, elle le soupçonnait de tromperie et ne le supportait pas. Elle s’indignait qu’il put en préférer une autre et c’était devenu une obsession de chaque instant, elle s’en confiait à son amie Yasuko, japonaise, qui n’avait jamais ressenti ce genre de sentiment

-« la jalousie des personnes supérieures devient émulation, celle des petites gens de la haine » disait elle à son amie espérant la calmer et l’inciter à réfléchir, à modifier son attitude

-tu vois ce laurier rose répondit Violaine, la fleur est un poison violent ; j’imagine sans cesse que je fabrique une décoction pour cette femme dévergondée qui ose me prendre mon bien le plus précieux, mon amour délicieux

-comme tu es d’humeur ombrageuse répondit Yasuko, crois tu que l’amour soit synonyme de possessivité et d’exclusivité comme cela ?

-mais tu n’as donc jamais aimé répondit son amie

-détrompe toi, dit d’une voix douce Yasuko ; lorsque j’aime je vois les qualités de l’autre d’abord et puis ses défauts et je les accepte profondément et pour cela je m’entraine à la compassion.

-mais tu n’es pas du tout romantique ?

-que nenni, je le suis tout autant que toi !et cette soirée avec le reflet de la lune dans le lac berce mon âme et me remplit d’une joie profonde. Mais je sais que l’autre ne m’appartient pas, c’est comme un enfant qui doit sortir des désirs et projections de ses parents pour se réaliser. Être 2 c’est cheminer ensemble, accepter nos différences et comprendre aussi que nos routes sentimentales peuvent se séparer.

– mais moi, je suis une personne entière ! Quand j’aime je ne compte pas !je ne calcule rien ; je donne et me donne et je fais rimer amour avec toujours .Il est beau, il est intelligent mais il est faible, je suis sure qu’elle le manipule pour qu’il m’oublie ; c’est insupportable !

– tu y perds toute liberté répondit Yasuko, tu es sombre, tu ne vois que les nuages et pas le soleil qui se cache derrière. Tu pourrais renverser la situation, prendre cela soit comme un défi à relever, soit comme un signe du ciel… cette histoire est finie, une autre se prépare qui te rendra beaucoup plus épanouie.

-désolée, ma chère, mais je ne partage pas ta sagesse.

Des larmes lui montaient aux yeux

-il me manque, je le veux

Yasuko comprit à cet instant, que tous ses beaux discours, des actes de foi pour elles, étaient à mille lieux de l’humeur de son amie. Ses mots, pourtant chaleureux était comme des galets éclaboussant l’eau… sans aucun effet sur son amie. Peut être cette blessure était un mal nécessaire qui autorisait la haine et la colère envers cette autre et cela évitait la tristesse de la perte pour l’instant ; elle ne put s’empêcher d’exprimer à haute voix la conclusion à laquelle elle était arrivée

– toute relation n’est elle pas destinée à mourir ?, la vie sépare ce qu’elle a uni.

Elle prit son amie par le bras ; un peu de chaleur et de réconfort, voilà ce qu’elle pouvait lui offrir de mieux pour l’instant pensa t elle.

Par Camille – LA LUXURE

Réflexions sur un péché capital sulfureux !

Je viens de terminer la lecture d’un ouvrage troublant, « Le sexe et l’effroi » réalisé par un auteur discret, très apprécié: Pascal Quignard. Il est surtout connu pour son livre « tous les matins du monde » sa belle écriture nous aide à comprendre les mystères de l’intimité dans la société romaine, il y est beaucoup question de luxure, une pratique exigeante et très codifiée dans cette civilisation d’où nous venons. Ce qui en explique peut-être l’origine de la notion de faute.

LA LUXURE : Elle se décrit comme la recherche déréglée des plaisirs sexuels !

Pourquoi cette luxure est-elle un péché capital ? Par son étymologie, ce mot est emprunté du latin Luxuria”  qui définissait l’exubérance, les excès; la somptuosité, la profusion. Les synonymes sont sans équivoque quant à la notion de faute, tels que la lubricité, la débauche, le stupre, la turpitude, etc. J’en passe, avec cet environnement, l’avertissement est clair : certains textes antiques parlent de la non-rémission de ce péché y compris dans l’au-delà ! Quel acharnement !

Pourtant, nos anciens, les Grecs, considéraient la relation sexuelle comme une fête joyeuse, sans licence et sans codes. Les Romains furent plus rigoureux, qui n’acceptait chez l’homme, que sa posture active, toutes dérives faisait perdre ses droits civiques à son pratiquant. Pour la femme romaine, la matrone, c’était la mort si elle se coupait les cheveux ou si elle trompait son mari hors ses périodes de grossesse. Le souci de la pureté de la race engendrait déjà bien des excès. Le sentiment amoureux était considéré comme une faiblesse et entraînait le bannissement, Ce fut le cas d’Ovide qui avoua dans “l’art d’aimer”, qu’il en était ainsi pour sa propre femme.

Arriva l’église et ses règles encore plus strictes dans le quotidien des hommes Il apparut la notion de damnation éternelle. Plus tard, les dames de haut rang dans notre Languedoc, qui n’avaient plus aucun mari. Ils étaient partis guerroyer l’infidèle, inventèrent, pour se distraire, les cours d’amour, entourées de troubadours et ménestrels. Elles laissèrent refleurir les passions en jetant leurs mouchoirs, des voiles et des roses au pied des chevaliers de leurs choix qu’elles adoubaient ainsi. Dans ces rituels, les apparences de la chasteté furent strictement observées. Cette exigence a toujours cours aujourd’hui. Parler d’amour reste une source de plaisir, mais ce n’est pas forcément le faire…même au plus fort du mois de mai, saison propice aux élans torrides ? Et pourtant…

Rien n’est plus important que la recherche du corps de l’autre, selon des critères strictement personnels, la raison ? Notre psychisme piloté par les flux hormonaux. Quel manque de poésie que de parler ainsi. Alors tout ça pour ça ? Prenez Jacques Brel, grand poète moderne : son premier succès fut une très belle chanson, « Tant qu’on a que l’amour » un texte sublime, mais il a chanté aussi «  Amsterdam, et ses putains » et il a parlé de la souffrance de la passion dans “la quête” où il pleure d’aimer à s’en écarteler !

Cet auteur imprégné de religion tout au long de son enfance a, dans ses créations, essayé de gérer la contradiction entre le respect de la morale et la quête de la transcendance dans l’acte d’amour.

Sa fille Isabelle, interrogée sur son père, dans un entretien télévisé, déclara tout naturellement qu’il était bigame.

Un dernier conseil, recherchez et écoutez sa chanson « J’arrive », elle concerne chacun de nous et clôt la question ! Que l’on soit chaste ou lubrique, ou bien simplement un peu des deux!

Par Monique –L’AVARICE

Monsieur Charles Nerrey a dit : « Un avare est un imbécile qui se laisse mourir de faim pour garder de quoi vivre . »

Honoré de Balzac ajoute : 

« Quand l’avarice se propose un but elle cesse d’être un vice, elle est le moyen

d’une vertu ».
Faut-il prendre ces citations au sérieux ou faut-il en rire ?

De quel côté feriez vous pencher la balance ?

Ici le but n’est pas de donner une opinion ferme et définitive, juste un point vue

Personnel qui se veut humoristique, partant du principe qu’il vaut mieux rire que pleurer !

L’avare a des chardons dans les mains, il vous propose mais ne donne jamais.

Ce radin invétéré vous dira que cela est pour la bonne cause : 

« Un tien vaut mieux que deux tu l’auras ! »

Il faut se montrer prudent,ne pas gaspiller sa salive,c’est un gâchis !

Les mots sont précieux,parler à tire larigot ne sert à rien, c’est un gâchis !

L’avare vit souvent dans l’ombre, renfermé et peut enclin à rencontrer les autres

Il rase les murs, préférant marcher l’hiver pour ne pas transpirer.

Suer quelle catastrophe, perdre de l’eau boire encore et encore c’est un gâchis !

S’éclairer à la bougie ne le dérange pas, se chauffer, quel vilain vocable, un pull-over, pas deux, suffira à l’affaire !

Dépenser est sa hantise,être âpre au gain ne le dérange pas, mais pas question de dilapider.Trouver une pièce il aime, payer les parcmètres il refuse.

Aimer, point nenni, il faut trop donner de sa personne,offrir son corps, vous plaisantez !
Rester des heures sans bouger il aime, économie !

Se laver il rechigne, gaspiller l’eau quel sacrilège !
Il ne vous accueillera pas chez lui, trop couteux, perte de temps

La vie doit être vécu avec parcimonie, ce personnage a pourtant le profil

d’un rapace !

Prendre, ne jamais donner!se faire inviter à l’occasion voila l’économie

La charité quelle est donc ce mot là. Un sou est un sou, dans sa poche.
Il compte et recompte jusqu’à l’épuisement, vérifie et vérifie sa cagnotte,

ne confie son argent à personne, surtout pas à la banque, voleuse !

L’égoïsme est sa vertu, l’avarice sa gloire, l’argent sa bannière !

Alors mesdames, messieurs, si vous rencontrez un avare, laisse le dans son coin

ne vous y frottez pas, il pourrait à son seul contact vous accusez de vol, je n’ose dire de viol !

Dormir est son plaisir, respiration lente, car trop respirer quel gâchis. Ses yeux ne se fatiguent pas, il économise.

Tout juste se lèvera-t-il pour uriner, trop, point n’en faut !

Quant à rêver, ne l’imaginez même pas !

Le sommeil c’est le vide total, l’apnée, le non être, aucune image, aucun délire,

économie du souffle, économie de la vie !

Une espèce d’absence, gratuite et bienfaisante !

Là est le fin mot de l’histoire:Gratuit, le Graal, un met à savourer avec délectation !

Avare de son propre temps, survivre pour vivre plus longtemps !

Avarice de temps est-elle vraiment louable ?

Peut on dire que l’avare et le cochon ne sont bons qu’après leur mort ?

Je vous laisse seuls juges

Moi je finirai en vous citant SCARRON :
« Ci-gît qui se plus tant à prendre

et qui l’avait si bien appris

Qu’elle aima mieux mourir que rendre

un lavement qu’elle avait pris »

Par Coralie : LA LUXURE

Dans de beaux draps –

Se mouvoir – s’émouvoir
Dans tous les sens- par tous les sens
S’étendre- s’entendre
S’étirer- se retirer

De quel côté est-elle la liberté ?
Et ses couleurs- et sa douleur ?

S’écouter- se dégoûter
Chanter et déchanter
Se déverser ou converser ?
Comment s’entendre sans se méprendre ?

Avancer- se déchirer
Reculer- se refermer
Résister- s’opacifier
Comment s’ouvrir mais sans souffrir ?

Tâtonner et tout donner
Reprendre et se faire prendre
Déborder et s’aborder
Mais dans quelle encre s’agiter ?

Toujours- la houle fait foule
Toujours- la foule fait houle
Poings et points liés
Foulés à défouler

Crier sur la jetée
Se jeter sur la criée
S’agripper à l’horizon
Se gripper à la passion

À quel moment la rouille se transforme- t-elle
– en trouille ?
À quel moment la trouille se transforme-t-elle
– en rouille ?

Copie conforme,
Scorie qu’on forme
La norme m’affole
et me rend folle

Pourtant si long l’hiver!
Ce temps passé–
A dégeler
ma peau contre Sappho

Tant penser tant dépenser
Prendre la pose me rend morose

Sentir et ressentir
pousser et repousser
virer ou dériver

-Chavire ! et
Miaule comme femme

Âme et infamie

Tout se fait et défait
Brique et lubrique

Rêver d’espace – crever sur place
Serrée et nouée
Massée et ramassée

-Trouée !

La fille sagace- la fille s’agace-
Cette fille-

Se glace !

Pourtant, prend le temps
Ne prend pas de gants
Pour dire- pour maudire

Tant de maux à dire !

Commencer et recommencer
Jouer et déjouer
La belle affaire

Très belle affaire!

Se taire – se terrer
S’amuser – se museler
Subir et assouvir

Meurt et demeure
voilée le far –
Cherche le phare
dans le brouillard

Dans le leurre luit une lueur
Des cieux aux yeux
Il est quelle heure -ou-
Killer à ses heures.

Elle, s’y perd toujours
Et de nuit-Et nuit (à tous…)
Ceux et celles
Creux en aisselles
Perd et manque

Ils jouent
Pair et manque
roulade et débandade

Triste !
Ce jeu, ce Grand Je

Perdue,
Dans ce hasard- blizzard

Elle mène
Je m’Amen
Seule- je prie

L’amant aimant
désarmée et désarmant

Désormais elle
Ment la mante

-Religieuse!
Pietà piétine
sa vertu

Pourvue et dépourvue
S’aveugle l’Aveugle
Mais en cécité
Se sait Cité

Devine divines
Mille Nuits
Il en reste Une!

Par jeu et parjure
Conjure le sort
La voici- La petite mort!
Humiliée – éplorée
Elle implore, j’explore

L’animal domestique
Tyrannique et
– Pathétique!

Il entre- entre
Paresse et Caresse
Elle s’enfuit

-la Délicatesse!

Dormir ou endormir
Camomille ou cigüe?

Dans le lit exigu
Il repose!

En paix- le Vice
Roi n’est plus.

Je-en pause
Ombre et Sombre-
Pose l’avis tel un lavis
A pleurer, ou apeurée

De tout, pour toutes
ces images, qu’elle imagine

Pourtant-

Sensée et sans cesse
princesse et déesse
Elle s’abaisse, se blesse
Larme et alarme
le miel et le fiel

S’embrasser ou s’embraser
comme un baiser- il brûle

Le brasier !

Ma langue s’alanguit
Tue ou s’évertue
A dire et ne pas dire

Sept fois tourner
se retourner dans ce lit

Dire ou ne pas dire

le doigt sur l’épine
dorsale- me brûle
le sein- assassin

Un chant de Lesbos
Un champs de cosmos

Il repousse-
Je repousse
les vices
– avec délice

Elle se devine
La Divine-
– Comédie !

Dentelée et dantesque
mais quand est-ce que

Je serai-

Chiche ou
Derviche !

Spectre et spectrale
Tentaculaire- spectaculaire

Se retourner- se détourner
Corps jamais d’accord-
Perdus dans de beaux draps

-Il en faut !-

Des soirées et soieries! car-
Sade, le divertit…

L’expression ou l’impression
du dedans et du dehors

Je sens!

L’usure et la luxure
De l’aube comme aube
Tombe et se lève

-Trêve! C’est la relève!

Elle transparaît
Blanche et chaste
Comme Eve elle a:

la hanche vaste –

Par Myriam : LA COLÈRE

Le froid de la lame

Comme si rien ne s’était passé

Comme un silence après la bataille

Comme le cœur qui bat dans l’étau des tempes

En tambour lancinant

La glace du cœur d’abord

Puis le chignon des idées en boucles resserrée, mal coiffées

Le canon pointe

Et ne tire pas.

Pourquoi ne tire-t-il pas ?

Pourquoi ne pas cracher les mots ?

Pourquoi donc empêcher la colère ?

J’ai la haine contre moi

Je retourne la colère

Comme le toréro agite sa cape

Reviens, c’est ici

Attrape-moi !

Je suis la grande bouche, l’avaleuse de colère

Trop plein

Même pas à cran

Il va le falloir pourtant

Viens ici, étrangère, que je te regarde

Tu es brulante et rouge

Incandescente et prête

Viens, anime mes yeux, agrandis-les

Bande mes muscles

Franchis mes parois

Viens violence nécessaire

Viens, hurle et sors

Et toi la fille sage et gentille,

Efface-toi, arrête de te prendre pour sage

Écrase ton dégueulis de sourires contrits

Tu vois bien que tu as mal

Lâche tes peurs en tout genre

Allez hurle, putain !

Tu ne vas pas te dissoudre comme un « aspro »

Dans le verre du monde

Tu ne vas pas perdre ton rang, ni tes parents

Explose, maintenant !

Enfin

Cri

La liberté

Le souffle de vie

Le froid de la lame

L’étincelle

Le taureau fou

La marée qui monte

Et qui saute les digues

Les mots qui disent l’injustice

La parole haute

L’incroyable force des mots durs

Et le combat des répartis

Et la voix qui se fait entendre encore

Qui sort de sa caverne

Qui enfonce sa lame,

Qui arrache les faux liens d’asservissement

Qui fonce vers la sortie

Qui ne gère plus son flux

Qui articule l’indicible,

Tout l’indicible

Puis qui ralentit

Amie du silence qui compte

Respirations fortes

Naseaux fumants

 Pour une fois la colère est sortie

Par Marie-Reine : GOURMANDISE

Tu es boulimique, grosse mémère !!! un peu d’exercice te tracerait la route vers l’élégance

C’est vrai que tu vois rouge dans les vignes de Seigneur lorsque tu te morfales des récoltes de l’automne; et en plus tu ingurgites les pissenlits comme des grappes d’étincelles de soleil qui te frôlent les chevilles.  Tu es insatiable  et … oses chanter

… j’aime le pain, j’aime le vin, j’aime la biche aux yeux rieurs … j’aime le chien de mon voisin, les haricots et les petites beurre.  Mais voyez – vous … sans anorexie de tout … j’aime le nid douillet d’où les petits becs hilares implorent la becquée … à la maman “chouette effraie”

Ce pêché très sérieux, tu le rappelles en permanence car il faut se pousser pour que tu puisses passer … et  … nous oblige à l’indulgence ….

Par Marie-Christine : L’ORGUEIL –

(Mon orgueil me rappelle à l’ordre. Hep toi là-bas ! Oui, toi qui avance le cou dressé, n’es tu pas heureuse d’être toi, de n’avoir pas grand-chose à demander aux autres ? Mais enfin ! Prends confiance de ta valeur, de ton pouvoir. Autour de toi ce ne sont que compliments, reconnaissance. Mais oui, tu l’as vraiment réussie ta vie. Continue d’avancer ! Allez tu le vaux bien ! Et surtout cesse de regarder autour de toi. On n’y voit personne de ta valeur ….Ah ! Ah…)

Vous ne croyez pas si bien dire…mais cessez de me tutoyer…Ne mélangeons pas ce qui n’est pas « mélangeable »…Les gens de ma valeur, ça ne court pas les rues. Et dans cette salle, je n’en ai pas vues. Je me retrouve ce soir, par hasard, place des Arts. Je viens vous dire quelques mots. Mais le méritez-vous ? Ma Parole sera, sans conteste, un énième test. J’aurais l’humilité de rester modeste. Il faut absolument que je le reste. Car est-ce de ma faute, si depuis ma naissance je réussis tout ? Et si tout me réussit ? En quoi me vantai-je si je me classe, largement, au dessus de vous ?

Le bien vivre ensemble ça n’existe pas. J’en suis là. Imaginez un seul instant mon quotidien. Je dois sans cesse m’abaisser. Sans rabaisser. Personne ne m’arrive à la cheville. A Narbonne ? Personne. En France ? Personne. Ailleurs ? Il en existe trois. Qui ne sont pas en bon état. L’intellectuel avec qui je rivalisais, vient de décéder. On se comprenait. Sans se parler. Pas besoin de lui expliquer le pourquoi du comment de mes cinq prix Nobel, de mes six prix littéraires. Vous ne la saviez pas ? Ça ne m’étonne pas. L’intelligence ne se décrète pas. La connaissance n’est pas une évidence. Moi, voyez-vous je suis interdite de concours. Je les gagne tous.

Je ne m’étendrai pas sur les médicaments que j’ai inventés pour vous soigner. Ni sur les inventions, que j’ai bien voulu mettre à votre disposition. J’ai le sens du partage. Ce soir je devais être à Baïkonour pour briefer les cosmonautes en partance pour la station spatiale. Ils avaient besoin de deux ou trois tuyaux avant de décoller. J’étais la seule à pouvoir les dépanner. Le vol ayant été reporté, je suis partie me promener. Place Voltaire j’ai vu de la lumière, je suis rentrée, pour me distraire. Je cherche à comprendre mes congénères. L’imbécillité reste pour moi un mystère.

Je n’ai jamais de doute. Rien ne m’effraie. A part la nullité. Et l’ennui de ne rien pouvoir partager. Ce n’est pas facile de s’y faire. J’aimerais m’ébahir. M’ébaudir. Mon rêve reste d’être contredite par plus érudite. Mais ce n’est pas demain la veille. J’ai accumulé trop de savoirs. La rançon de ma gloire, c’est que je m’étonne plus moi-même. Quelle tristesse …

En ce 14 décembre au soir, je me morfonds encore devant mes qualités. Elles ne font que m’isoler du reste de l’humanité. Je suis bien consciente que vous n’aurez rien compris à ce que j’ai dit. Vous n’êtes pas les premiers. Ne serez pas derniers. J’ai eu un semblant de plaisir à tenter, une nouvelle fois l’impossible. Ne me remerciez pas. Puisqu’il n’y a pas de résultat. Je voulais juste vous dire qu’être une pépite, eh bien…ça me dépite.