Atelier du 30 janvier 2018 “Pêle Mêle”

PÊLE – MÊLE

mélange des mots de deux poèmes

pour aboutir à un texte final

A1 – COMPLÉTER LE POÈME CI-DESSOUS : (faire le plus court possible) – à partir d’un poème d’Andrée CHEDID. Voici la trame conservée :

Inscris

le ……………………………..doublé de……………………

le………………………………..drapé du ……………..des………..

le………………………………….s’égarant dans…………………….

se………………………………sous les rides du…………………….

sombrant dans………………………………………..échos//

Inscris

le………………………………s’étirant dans………………………..

le………………………………s’allongeant vers…………………….

le………………………………bondissant dans……………………………..de l’âme

le………………………………frémissant dans le corps……………………//

À présent, efface.

Que le……………………….retourne à la poussière,

qu’il supprime toutes paroles,

qu’il t’annule à ton tour.

Efface…et puis……………………..


Sur la………………………………….. Inscris//

Poème A1 de Ghislaine

(écriture en gras)

Inscris

le drapé du manteau doublé de fourrure blanche

le corsage échancré drapé du frou-frou des plumes

le regard extasié s’ égarant dans le fouillis du taffetas

se remémorer sa jeunesse sous les rides du temps passé

sombrant dans un vertige d’images en échos

inscris

le buste pailleté s’étirant dans un fauteuil Récamier

les jambes fuselées s’allongeant vers des coussins soyeux

le rire aigu bondissant dans les écueils de l’âme

les longs soupirs frémissant dans le corps ensorcelé

A présent efface

que le corps alangui retourne à la poussière

qu’il supprime toutes paroles

qu’il t’annule à ton tour

efface l’ennui et puis chante et vis

sur la longue route et surtout

«  inscris » .

Poème A1 de Francis

( les mots en gras sont les siens)

Inscris

Le vent doublé de neige

Le soleil drapé du miroir des nuages

Le torrent de la nuit s’égarant dans les gorges du temps

Se cristallisant sous les rides du vagabond

Sombrant dans le gave où se perdent les échos.

Inscris

Le matin bleu s’étirant dans le sable

Le manteau de satin s’allongeant vers l’aube blanchâtre

Le souffle de la lune bondissant dans les ruelles de l’âme

Le chagrin frémissant dans le corps d’un enfant

À présent, efface.

Que le rêve retourne à la poussière,

Qu’il supprime toute parole,

Qu’il t’annule à ton tour.

Efface-le et puis verse tes mots

Sur la feuille de soie perlée d’or et de cendre.

Inscris.

Poème A1 de Marie-Christine

(ses mots sont écrits en gras)

Inscris

le temps doublé de néant

le vent drapé du masque des nuages

le présent s’égarant dans le temps

se torturant sous les rides du grand âge

sombrant dans l’entraille des échos//

Inscris

le mot s’é tirant dans sa phrase

le futur s’allongeant vers demain

le je ne sais quoi bondissant dans les masques de l’âme

le grand flou frémissant dans le corps du passé antérieur.//

À présent, efface.

Que le temps dépité retourne à la poussière,

qu’il supprime toutes paroles,

qu’il t’annule à ton tour.

Efface encore et puis meurs

Sur la pauvre terre crevée.

Inscris//

A2 -COMPLÉTER LE POÈME CI-DESSOUS :

( faire vraiment le plus court possible). À partir d’un poème de Jean-Luc Aribaud –

Trame à compléter :

Ce que je dépose à bout de……………………………………………………………………

sur la ……………………………………………. ………………….du soleil :

…………………….d’un…………………., un jeu de…………………………..

un peu de ce……………………………………………………………cavalier

qui…………………………………………………. ………..nos bouches

en oubliant de nous…………………………………………………………..

Que faire de…………………………………………………………………………

lorsque dans le ………………………………………………………de…………………..

…………………………….un jour à…………………………………………….. banale ?

Illusion. Image………………………………………. des………………………………. :

l’ombre ………………………………………………… de mon………………………..

est une …………………………. qui…………………………….. la lumière.//

POÈME A2 de Danièle N.

(écriture en gras)

Ce que je dépose à bout de souffle, à bout de bras

Sur la bouche de mon amant c’est du soleil :

Un clin d’œil, un jeu de baisers

Un peu de cet embrasement cavalier

Qui ensorcèle nos yeux et nos bouches

En oubliant de nous souvenir

Que faire de cette passion folle

Lorsque dans la nuit torride de l’été

Nous nous aimons des jours et des nuits sans parole banale ?

Illusion. Image, danse endiablée des corps souples

L’ombre du temps éphémère de nos amours

Est une cascade qui éclabousse dans la lumière.

Poème A2 de Myriam :

(écriture en gras)

Ce que je dépose à bout de pieds

Sur la tombe du soleil :

L’ombre d’un serment, un jeu de dés,

Un peu de cette allure de cavalier

Qui enivre nos bouches

En oubliant de nous rappeler

Que faire des concours est vain

Lorsque dans le sable des carrières

Vient un jour à l’apparence banale

Illusion. Image d’Epinal des chevaliers.

L’ombre imposante de mon alezan

Est une sculpture qui ne prend vie que dans la lumière.

Poème A2 de Marie-Christine

( les mots en gras sont les siens)

Ce que je dépose à bout de drap

sur la face triste du soleil :

les restes d’un rêve , un jeu de l’oie incomplet,

un peu de ce regard maudit du cavalier

qui balbutie sans vergogne nos bouches

en oubliant de nous saluer.

Que faire de sa vie

lorsque dans le dédale de son sur-moi

se pointe un jour à réaction surbanale ?

Illusion. Image trompeuse des humains :

l’ombre stellaire de mon être sans salut

est une torture qui offense sans arrêt la lumière.//

 

B

Noter tout ce qui a été ajouté en A1 ) nous les appellerons les BRIBES

Noter tout ce qui a été ajouté en A2 )

Réunir TOUTES CES BRIBES pour rédiger un texte poétique. Ne rien ajouter hors mots de liaison.

Myriam  (Texte avec mots A1 et A2)

Vie théâtre, l’un l’autre

Tragédie recommencée

Soleil, désir pailleté, lumière naissante

L’espace restreint

Soleil, désir, vapeur

Manteau du danseur, quatuor de beaux mannequins

D’étranges rivages charmant, trémoussant

Chat, dos nu, franges mutines

Vie théâtre, paroles

Vient brûle, protège

Mes aurores, mes combats, mes sourires

Brave les honneurs, les preux chevaliers

Dont les jambes sont des pierres qui écrasent

Ce qui reste de mon ton

Et même, mon nom.

Marie-Christine (Texte avec mots A1 et A2)

Je ne sais quoi saluer. Le temps ? Le néant ? Le vent ? Le masque des nuages ? Le présent ? Des entrailles ?

 Les mots ? Des phrases ? Le futur ? Le demain ? Le passé antérieur de cette terre crevée ?

 Dans un grand flou, dépitée, je me meurs…..

 Pauvre de moi !… Sans arrêt, sans vergogne, et encore ! des humains m’offensent…

 Mon moi est à réaction. Trompeuse. Stellaire.

 Je salue la face triste de mes rêves.

 Je salue des restes de drap.

Et le regard maudit de l’oie.

 Je me pointe, incomplète, dans les dédales du grand âge…

 J’ai barbouillé ma vie. Une torture….

 Sur ce, salut !…

Monique, (Texte avec mots A1 et A2)

Aimer quand le démon accroche son image au miroir auréolé d’étincelles.

Maître du galop du temps, il cache tous nos rêves dans le feu de l’âtre.
Aimer ,désirs et plaisirs sous la robe échevelée du matin, quand le reste d’un amour

En attente d’un regard , sans paroles inutiles, nous pousse à l’oubli de nous mêmes

Coeur volé ,paradis perdu.

Aimer  quand sur le chemin surgit le pas des amantes, des autres femmes,

Chimères d’une autre vie, regrets de la route des possibles au parfum de terre

Le souffle au bout de la course, le frisson en attente.

Aimer, quand la peur, née du vent dans les roseaux, nous oblige au départ

NOTE  sur les textes ci-dessus –

Il aurait fallu mettre en page TOUS les textes de l’atelier.

Mais ceux figurant sur ces pages donnent une bonne idée de l’ensemble.

Dernier exercice :

Ce travail de transformation, amenant forcément des nouveautés en fonction de la personnalité et de l’écriture de chaque écrivant, a été très cohérent malgré la diversité des mots et des idées. Régal d’écriture où certains auraient eu besoin de plus de temps. Mais chacun sait que le travail en atelier demande souvent à être remanié.

Prendre les mots de A1 et A2 et les utiliser TOUS, les mêler pour aboutir à un texte sensé a été plus que surprenant. Cependant, en peu de temps, ce fut un travail d’orfèvre.

Sylviane Blineau

février 2018