Atelier du 13 novembre 2018 “Les sonorités”

LES SONORITÉS

A – Définition –

– Caractère de ce qui est sonore, perceptible par l’oreille; propriété de rendre un son, de propager un son, des sons. Sonorité d’un corps, d’une matière, d’un métal. C’est le son, la sonorité vive qui indique la dureté de la pâte d’une pièce céramique, une fois cuite.

Rare. Intensité sonore. Et, pan! il en fit claquer un coup de feu, d’une telle sonorité, que, terrifié par la détonation, Vimeux s’étala de nouveau (Zola, Terre, 1887, p. 332).

.Caractère particulier d’un son ; façon particulière dont un corps résonne. Sonorité mate, cristalline, chaude, pleine, cuivrée. De longs silences succédaient aux sonorités de l’enclume d’une forge (Carco, Voix basse, 1938, p. 14).

. Musique. Qualité musicale d’un son; qualité du son émis par un instrument de musique, par la voix. Sonorité d’un violon, d’un piano; belle sonorité. Je crois que l’improvisation en duo, trop peu pratiquée, est le vrai moyen de parvenir à la sonorité parfaite, plus rare encore que la justesse, parce qu’elle tient compte des nuances, de l’accent, et du corps même de la voix (Alain Beaux-arts, 1920, p. 116).Tout ce mouvement pathétique se déroule pianissimo. Alfred Cortot dit qu’à la 39memesure, « le piano est disproportionné au pathétique émouvant du passage. Il faut garder à cet endroit une sonorité pleine et nourrie » (Rolland, Beethoven, t. 1, 1937, p. 263).

Au pluriel. Tonalités particulières d’un son musical, du son d’un instrument. Beethoven y use des sonorités les plus délicates de l’orchestre: clarinettes et bassons, appuyés sur les tenues de l’orgue, des cors et des cordes (Rolland, Beethoven t. 2, 1937, p. 351).

Musicalité, qualité musicale d’un appareil électroacoustique. Sonorité d’un tourne-disque, d’un magnétophone, d’un poste de radio ou de télévision, d’une chaîne stéréophonique.

B – Quelles sonorités vous suggèrent les mots : DIAPHANE – OPALESCENCE – IRISATION – MUNIFISCENCE – NÉBULOSITÉ – FRILOSITÉ – EFFLORESCENT – AFFLEURER – AQUARELLE – OUATINÉ – CARESSER – LACTESCENT – FLORILÉGE – ÉTHÉRÉ – VOLUBILIS ?

Face à chacun de ces 15 mots inscrire au moins 2 noms, 2 adjectifs, 2 verbes. Cet exercice doit se faire dans l’immédiat, seul votre RESSENTI doit provoquer les autres mots.

Note de fin d’atelier :

La tentation étant de donner des synonymes, recherche compliquée pour certains mots. Devenue collective, elle a pris l’allure d’un jeu. Par exemple :

DIAPHANE: damné – fané – affamé – diapré – diaphragme – phare – fanes – raphia –

VOLUBILIS : volubile – volé – soluble – volume – ibis – vol – bis – libelle – bile – lubie – lys – lisser – lister – voler –

LACTESCENT : lacté – récent – acté – tressant – lac – accent – acte – essence – sang – sans – cent – descendre – acter –

AQUARELLE : aqueux – couard – équarri – carré – coi – aile – réelle – escarcelle – quart – marelle – relie – lier –

C – Avec ce vocabulaire nous allons entrer en poésie. Pour ce faire :

Choisissez UNE COULEUR

et UNE SAISON

et laissez aller votre imagination pour une promenade en PROSE POÉTIQUE – Utilisez surtout les mots de l’exercice B, tous les autres mots principaux devront avoir des sonorités euphoniques ( euphonie : harmonie de sons agréablement combinés).

Marie-Christine a écrit :

Il est un sacrilège diaphane. Il affleure mon diaphragme. L’hiver se terre. Me caresse. Il n’est pas un équarisseur. Il est fleurissant. Indécent. Ouatiné. Routinier. Ethéré. Je le sens hésiter. Il me harasse le lascar. Je ris avec l’hiver. C’est un hiver vert. Il a ses lubies, et sa morosité. J’ai mes folies, et ma frilosité. Il est vert de peur. Et tout fané. Je suis vert de peau. Pas épilé. Que serait un hiver lactescent ? Que serait, par Toutatis, un hiver volubilis ? Mon hiver à moi est vert. Et je n’ai toujours pas esquissé un vers….


Monique a écrit :

La fleur déflorée tangue sur sa tige.
Danse l’opalescence du ciel étirée dans le temps.
Tremble la caresse du vent, tremble le ciel en paresse.

Tombe l’averse de la nébuleuse sur la sente tortueuse.

Le volubilis s’effeuille en un tango.

Tourbillons sur la terre.
Tremble la caresse du vent, tremble le ciel en paresse..

Tourments des sens.

Sylviane a écrit : PÂLE DORMANCE –

Il y avait ce blanc, cette pâle dormance où le ciel effleurait la terre. Sonorité ouatée, la paresse des chemins, les caresses des fleurs de neige.

Il y avait, dans l’escarcelle de janvier, des laits voilés d’opale. Et le silence, un essentiel d’ombres bleues et mauve.

Jour d’iris, un peu fané…Le lac comme une bulle et nos pas de raphia, accordés au sens même de notre errance. Dans le temps suspendu, pas de frilosité. Affamés de nos flammes adolescentes, nous glissions.

Parfois, dans la fleurance des sapins, un oiseau s’envolait, criait, pleur étouffé, fantôme nébuleux. Tu me prenais la main…

Arpège de mes souvenirs, rires dans la munificence de ce règne des neiges. Et l’hiver d’un hier harassé.

Simone a écrit : ÎLES OBLONGUES –

Iles oblongues aux ombelles bleuies, floutées par un éternel brouillard. Un léger clapotis les berce. Etranges îles de cet ailleurs cent fois désiré. Souvenir de Florent fleuretant ici et là. Son langage fleuri, sous ces étranges arbrisseaux fleurant la vanille en charmait plus d’une.

Luminescence inoubliée de cet été irisé. Le bleu cyan se cachait sous le rose, colonisant tout alentour

Les jeunes filles en fleurs habillées d’une pâle couleur fuyaient dès qu’un orage grondait au loin, se réfugiant dans les cases de roseaux.

Je ne savais plus si je rêvais tant ces moments étaient irréels. Je pensais faire partie d’une aquarelle, dans ma balancelle virevoltante. Je vivais un moment d’une grande intensité, mémorisant mes ressentis pour un florilège mémoriel.

Autour de moi, les indigènes volubiles m’étaient musique. Leur façon de parler me berçait. Le ciel s‘ennuageait, le jour laissait tout doucement place à la nuit.

Ce souvenir en moi est enchantement. J’aime le revivre. Heureuse mélancolie.

Danièle a écrit : L’HIVER –

Opalescence des cristaux de neige…frilosité… Paysage éthéré, ouaté, aquarelle de dentelles lumineuses. L’oiseau se balance sur le volubilis fané… ambiance luminescente ; silence et transparence…folie de cette nébulosité.

L’oiseau enlace la fleur, sacrilège de la caresse ; affolé, il s’envole.

Morose, le volubilis pleure, gelé. La bise souffle et s’essouffle.

Le manteau lactescent s’épaissit ; opulence blanche, si blanche.

Épaisseur du silence, arpèges de silence.

D – Sonorités dissonantes –

Revenir aux 15 mots initiaux de B.

Opposez-leur des mots comportant des consonnes dentales ( D et T ). Ensuite composer un texte les incluant sans parcimonie.

Marie-Christine a écrit :

Je suis une adolescente tétanisée. Par la dératisation d’automne. Je me terre dans les toilettes. Je reste à distance. J’aimerais tant désosser des rates et des rats. C’est tentant. Et pourtant difficile. Je suis totalement déficiente. Je m’admoneste. Dans ma tête ça tintinnabule. Avec grandiloquence. Puis déliquescence. Je voudrais tant déterrer ma trouille. Mais tout se brouille. Deux rats viennent de déraper sur du dentifrice. Drame d’automne dans mes toilettes. Et donc pas de” dététanisation”.

Simone a écrit : l’IDENTITÉ OTTOMANE –

L’identité ottomane a un caractère grotesque. L’aridité de sa langue est détestable, de plus son accent est guttural. Sa gastronomie, pratiquement inexistante est tout à fait étonnante. Les ottomans mangent, se goinfrent plutôt devrais-je écrire des termites crues.

Chevelures drues, tignasses infectées de parasites puants et omophages. Carabistouille ! Ces barbaresques restent sur leur quant à soi. Maltraités dans des camps de rétention, ils se bagarrent sans ambages.

Leur cruauté n’est plus à démontrer. Démosthène en faisait mention dans certains de ses opuscules

délétères. Les actualités récentes et percutantes font part de la corruption des politiciens coruscants.

Sylviane a écrit : TERRES ÉDENTÉES –

Il y avait les terres édentées, détestable terreur aux tertres et terrils. Caquètement des vents tonitruants. Le corbeaux croassaient, les hêtres centenaires se courbaient, cassaient, tombaient dans la cacophonie d’un décembre entartré. Et nous, contraints à ce départ précipité. Triste périple.

C’était un temps où l’intenable tenaillait nos espoirs dans la géométrie d’une tristesse programmée. La guerre, gueuse embusquée, et nous, dans le tunnel de nos fuites.

E – LECTURE PARTAGE –

Il vous appartient de la mettre en page vous-mêmes avec les écrits C et D que vous agencez à votre sauce.

Atelier du 13 novembre 2018