Atelier d’écriture du 31 janvier 2017 : « D’une chambre à l’autre »

D'UNE CHAMBRE À L'AUTRE
Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas demeurer au repos dans une chambre ( Blaise Pascal)
Dissimuler : vertu de roi et de femme de chambre ! (Voltaire)
 
A – DEFINITION : le mot CHAMBRE vient du latin camera ( voûte, plafond voûté) et du grec kamara ( d’origine obscure).
Il s’agit d’ue pièce d’habitation dévolue au coucher.
B – EXPRESSIONS autour du mot chambre . Elles sont nombreuses, j’ai simplifié !
D’étudiant – d’enfants – de bonne – d’amis – d’hôpital – d’hôtes – noire -d’hôtel – meublée – syndicale – mansardée – forte – du roi – à air – nuptiale – mortuaire – froide – forte – faire chambre à part – robe de chambre – garde la chambre – musique de chambre – femme de chambre – mettre en chambre (entretenir) – à gaz – les chambres de l’oeil – chambre de sûreté : prison d’une gendarmerie – en mécanique : d’eau, de réchauffage, de combustion – dans les mines, c’est une cavité, une galerie –
Puis toutes les chambres en politique, administration, histoire, etc…
De nombreux romans, films et autres contiennent le mot chambre dans leur titre.
 
C- Trouver des SYNONYMES du mot chambre ( un seul mot de définition)
turne – piaule – carrée – chambrette – cellule – taule – antichambre – mansarde – cambuse – cabine assemblée – cavité – box – alcôve – garçonnière – kot (belge) – (par extension : chambrée, dortoir ?) –
et des DÉRIVÉS :
chambrée – chambrer (2 sens) – chambrière – chambriste – chambranle – chambellan – antichambre – camériste –
 
D – Tour de table, chacun donne UN VERBE – tout le monde note – Nous avons maintenant du vocabulaire et nous sommes dans une ambiance qui nous est personnelle. Autour du mot CHAMBRE des images se sont formées, des sensations, des sentiments, des rêves ont surgi… Nous allons écrire un texte qui aura pour titre :
LA CHAMBRE INCONNUE
Dans ce texte incorporer TOUS les verbes, dans VOTRE ordre. Il s’agit pour chacun de s’isoler, de partager, de voyager, de rêver dans cette pièce que nous allons découvrir à la lecture. Au choix, soyons sage ou rêveur, imaginatif, nostalgique ou plein de projets…
VERBES à insérer : rêver – s’évader – raccourcir – voir – lire – partir – soupirer -s’abreuver – ranger – découper –
E -POÈME à compléter et donnez-lui un titre –
C’était en haut de…………………………………………………………
Tout en haut, avec……………………………………………………….
………………………………………………jouait dans le vent
Semait ses……………………………………………………………………
Lorsque…………………………………………………………de l’aube
…………………………………………………………………………………
Etirés dans le bleu du bleu
…………………………………………………………………………………
Nous ………………………………………………………………………….
Comme si……………………………………………………………………..
C’était notre poème muet
En haut, tout en haut…………………………………………………….
…………………………………………………………………………………
Une chambre. (POINT FINAL)
PAS PLUS DE 14 LIGNES ;
 
 

De chambre en chambre

C’était en haut de l’au-delà

Tout en haut, avec les invisibles.

Le néant jouait dans le vent,

Semait ses riens, alimentait mes doutes.

Lorsque des nuages émergeaient de l’aube

Deux par deux, cahin caha

Etirés dans le bleu du bleu,

Je faisais mes premiers pas.

Nous allons tous là, je le sais.

Comme si jamais n’avait jamais existé.

C’était notre poème muet.

En haut, tout en haut de l’au-delà.

D’enfant, d’ami, de bonne ; mansardée ou mortuaire.

Une chambre.

 

Marie-Christine

 

Nuit

C’était en haut de la grande ville

Tout en haut avec la maison sur la colline surmontée d’une girouette

Qui jouait dans le vent, et

Semait ses notes musicales dans l’obscurité

Lorsque celle ci s’efface pour annoncer les prémices de l’aube

La lumière d’un coup rougeoit de plaisir

Etirée dans le bleu du bleu

Pour former d’immenses étendues violettes

Nous nous rapprochons les uns des autres

Comme si l’approche du jour laissait place à l’imagination

C’était notre poème muet

En haut tout en haut

La maison ouvre ses persiennes, que dissimulent

Une chambre

 

Nadine

 

Ma chambre secrète

C’était en haut de ma tour d’ivoire

Tout en haut, avec mon oiseau bleu

Je chantais et il jouait dans le vent

Semait ses plumes couleurs arc-en-ciel

Lorsque la Vénus de l’aube

Nous quêtait, et les noir-gris

Etirés dans le bleu du bleu

De mon oiseau qui me donnait ses ailes

Nous, lui et moi,

Comme si nous n’étions plus jamais séparables

C’était notre poème muet

En haut tout en haut de ma tour d’ivoire

Mon oiseau et moi, un secret enfermé sous clé dans

Une chambre

Iris jiang

 

Dans l’amandier

 

C’était en haut de l’amandier bruissant et rose,
Tout en haut, avec mars frileux.

Mon poème jouait dans le vent,

Semait ses mots, ses libertés

Lorsque les joutes de l’aube

S’emperlaient en oublis de rêves.

Etirés dans le bleu du bleu,

Quittant nos robes de nuit,

Nous inventions des horizons,

Comme si nos écrits falsifiaient le monde.

C’était notre poème muet

En haut, tout en haut de l’amandier bruissant et rose,

Chuchoté pour le soleil levant, comme le chaud

d’une chambre.

 

Sylviane

 

Une cascade d’or

C’était en haut d’une cascade d’or,

Tout en haut, avec ses bras de sable,

Le soleil essoufflé jouait dans le vent,

Semait ses murailles de perle et enflammait le temps.

Lorsque les hirondelles à la bouche de l’aube

Traversaient la lumière, des perles de vitrail fondaient sur nos regards.

Étirés dans le bleu du bleu,

Nos rêves se mêlaient aux lèvres de nos yeux.

Nous écrivions nos vies sur l’émail du silence.

C’était notre poème muet

En haut, tout en haut d’une cascade d’or

D’où coulait notre amour, nous effacions les murs, les fenêtres et les toits, et plus tard

Une chambre.

Monique

 

Grenadine de mots

C’était en haut de mon imaginaire
Tout en haut, avec des voiles vaporeux
D’où émergeait mon corps qui jouait dans le vent
Semait ses désirs, ses pulsations, ses soupirs.
Lorsque le feu me harponnait dans la fraîcheur des draps, De l’aube
Au matin abouti, je les voulais encore les yeux larmoyants
Etirés dans le bleu du bleu
Parfois je n’étais pas seule, ses courbes blotties contre ma nudité
Nous étions dans le silence, peau contre peau immobile chaleur
Comme si nous ne faisions qu’un, caressés de lumière
C’était notre poème muet.
En haut, tout en haut l’imaginaire se délitait peu à peu
J’atterrissais doucement sur le vide de la nuit.
Une chambre.

Et si c’était

Vrai

Francis

 

Sylviane Blineau janvier 2017